Historique

La situation des droits de l'Homme autour du bassin méditerranéen a suscité de graves préoccupations depuis de nombreuses années, et les attaques contre les principes démocratiques et les droits humains ont été abondamment documentés par les ONG travaillant dans la région.

La plupart des pays du Maghreb et du Mashrek ont longtemps été gouvernés par des régimes autoritaires dont les principales préoccupations étaient d’ordre sécuritaire. Malgré les partenariats établis entre les pays du Nord et du Sud de la Méditerranée -et bien que des progrès aient été faits dans le sens de la démocratisation dans les années 1980- la société civile reste faible et des violations à l’encontre des droits de l’Homme sont toujours largement observées dans la région. Les défenseurs des droits de l’Homme (DDH) sont sujets à des restrictions de toutes sortes, et travaillent souvent dans des conditions extrêmement difficiles et dangereuses.

Dans ce contexte, l’Agence Danoise pour le Développement  International (DANIDA) a mandaté en mai 2002 une enquête de faisabilité concernant la création d’une fondation pour la protection et la promotion des droits de l’Homme dans la région méditerranéenne. Le but de cette étude était d’évaluer la nécessité d'une fondation dont l'objet serait de soutenir, par des financements modestes et flexibles, les DDH dans la région sud- méditerranéenne. L’étude établie également des recommandations quant à la constitution et le mode de fonctionnement de l'agence en question.

Ceci aboutit à l’établissement de la Fondation euro-méditerranéenne de soutien aux défenseurs des droits de l’Homme (FEMDH) en décembre 2004, et dont les principaux objectifs sont:

  • Apporter un soutien tangible aux DDH, spécialement ceux travaillant dans des régions reculées et/ou ayant des difficultés pour recevoir le soutien des principaux donateurs internationaux;
  • Promouvoir, soutenir, protéger et veiller au bon respect des droits de l’Homme dans la région sud-méditerranéenne.

La FEMDH a progressivement développé des coopérations avec d’autres fondations et  organisations de financement partageant les mêmes valeurs, renforçant et affinant ainsi son approche envers les DDH dans la région.

Depuis 2011 et les révolutions arabes, la situation concernant les droits de l’Homme a largement évolué au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Les DDH  dans ces régions ont vu s’ouvrir de nouvelles opportunités, mais ont aussi dû faire face à de nouveaux types de contraintes, réaffirmant ainsi l’importance et la nécessité du travail de la Fondation.

Dans certains pays de la région, les élections qui ont suivi les révolutions ont consacré de nouveaux régimes relativement participatifs, inaugurant ainsi une nouvelle ère constitutionnelle. Malheureusement, certaines violations flagrantes des droits de l’Homme persistent. Dans d’autres pays en revanche, des régimes autoritaires connus pour leurs violations répétées des droits de l’Homme sont toujours au pouvoir après avoir résisté aux mouvements de protestation. Enfin, dans des pays tels que la Syrie par exemple, le soulèvement initial a laissé place à un conflit long et violent, affectant ainsi encore davantage une situation déjà bien dramatique pour les DDH.

Afin de mieux appréhender les variables et dynamiques sociales en jeu dans les pays de la région, courant 2011 la Fondation a organisé une série de séminaires. L’un d’entre eux, intitulé «Changement démocratique dans la région arabe : logiques d’États et dynamiques d’acteurs », a permis un espace de réflexion et d’échanges entre universitaires, acteurs de la société civile, bailleurs de fonds et responsables gouvernementaux travaillant dans la région. Il s’en est suivi un rapport procurant des bases solides sur lesquelles développer des politiques et stratégies de promotion et de protection des droits de l’Homme à la suite des révolutions arabes.

En mai 2013, la FEMDH organisa également une journée de réflexion visant à apporter des réponses adéquates aux besoins changeant des DDH sur le terrain. A cette occasion, trois éminents chercheurs ont présenté leurs analyses sur les changements, historiques, législatifs et socio-politiques, survenues dans la région depuis 2011.